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Turquie : grave crise en vue ? – Capital

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« La livre turque, devise de la Turquie, s’est effondrée, depuis un an. Une chute qui tend à s’accélérer, sur fond de politique monétaire aberrante. Un phénomène qui n’est pas sans conséquences pour la population et les entreprises du pays, certaines banques européennes, les marchés d’obligations, des multinationales » dit Nicolas Gallant dans Capital.

La Turquie inquiète de plus en plus. Sa devise, La livre turque (TRY/USD), a accusé hier une chute historique (-12% sur la journée !), inscrivant un plus bas en séance de 0,0739 face au dollar. Elle a chuté de 39% sur un an et de 86% sur 10 ans… La devise a fondu 10 séances consécutives de suite, sur fond de craintes entourant la politique monétaire trop accommodante et non-orthodoxe de la banque centrale, inféodée à Recep Tayyip Erdogan, partisan déclaré des taux bas.

“Le chef d’Etat a continué d’affirmer que plusieurs abaissements du taux directeur étaient nécessaires, appelant ses politiques une guerre économique d’indépendance”, rapporte le spécialiste du change Ebury. Cette volonté d’abaisser massivement le taux directeur en Turquie est pour le moins étonnante, au vu de la forte inflation et alors que la plupart des autres banques centrales de la planète relèvent leurs taux directeurs ou évoquent la nécessité d’un durcissement de la politique monétaire, souligne Ebury. L’établissement ne serait pas étonné par une poursuite du mouvement de dépréciation de la livre turque au vu des perspectives de politique monétaire du pays.

>> A lire aussi – Turquie : la banque centrale obéit à Erdogan en sabrant son taux d’intérêt, la livre plonge !

“Recep Tayyip Erdogan est ouvertement hostile aux taux d’intérêt élevés, estimant, à rebours des théories économiques classiques, qu’ils aggravent l’inflation. La poursuite de la baisse de la livre turque risque bien de se transformer en hyperinflation, n’en déplaise au Président turc”, dénonce John Plassard, de Mirabaud. L’hyperinflation naît d’une spirale qui va en se renforçant : la hausse des prix conduit à des hausses de salaires, qui poussent à leur tour les prix à la hausse.

“Cette situation pénalise l’économie dans son ensemble. De plus, à cause de la hausse de la quantité de monnaie en circulation, la livre turque se déprécie par rapport aux autres devises, renforçant ainsi l’inflation (renchérissement mécanique des biens importés, NDLR). Une fois que la spirale hyperinflationniste est lancée, elle devient très difficile à arrêter”, avertit John Plassard. Et le cocktail “hausse des prix à la production, hausse des prix du pétrole et faiblesse de la livre turque” pourrait être dramatique pour l’inflation du pays, selon lui.

A l’étranger, la faiblesse de la livre turque pourrait avoir des impacts différenciés. Certaines banques européennes, comme BNP Paribas, ING, Unicredit et BBVA, sont exposées du fait de leur détention de dette turque en devise étrangère et en devise locale, rapporte John Plassard. La dépréciation de la livre turque pourrait aussi avoir des implications sur les importations de machines-outils allemandes, et donc sur des industriels comme Siemens. A contrario, la faiblesse de la livre turque profite aux géants du textile, puisqu’Inditex (Zara) fabrique 15% de ses produits en Turquie. Marks & Spencer, H&M et Superdry profitent aussi du phénomène.

L’économie turque étant fortement dépendante des produits importés pour son activité, la faiblesse de la livre turque entraîne mécaniquement une hausse significative des coûts de production. “La hausse des prix à la production continue d’être répercutée sur les consommateurs. Là où le bât blesse, c’est que le pays fait aussi face à un ralentissement de la demande intérieure, ce qui signifie que les marges bénéficiaires vont continuer à se réduire”, avertit John Plassard.

La situation actuelle en Turquie pourrait avoir des répercussions multiples. Les principaux canaux de contagion “seraient probablement les marchés d’obligations des pays émergents ainsi que les banques. En effet, les obligations turques représenteraient environ 12% des obligations en devise forte des marchés émergents et près de 7% des obligations des marchés émergents libellées en devise locale”, rapporte John Plassard. Sans parler du quotidien des Turcs, dont le pouvoir d’achat est mis à mal et qui peinent de plus en plus à joindre les deux bouts

Capital, 24 novembre 2021, Nicolas Gallant

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