Syrie: après des accusations de violations de la trêve, les habitants de Kobané craignent de futurs massacres/RFI

Must read

RFI, le 27 janvier 2026

En Syrie, cinq civils d’une même famille kurde auraient été tués, le 26 janvier, dans des bombardements sur la région de Kobané que les forces kurdes attribuent à l’armée syrienne. L’ONG Observatoire syrien des droits de l’Homme parle d’une probable frappe d’un drone turc. Alors que le cessez-le-feu est censé avoir été prolongé, les combats continuent sur la région assiégée et les civils pris au piège s’inquiètent de l’avancée des forces gouvernementales syriennes.

Les habitants de Kobané n’ont nulle part où fuir. Beaucoup ont en tête les massacres dont sont accusées les forces armées syriennes contre les communautés druze et alaouite en juillet et mars 2025. 

« On ne sait pas qui sont exactement les membres de « l’armée syrienne » autour de Kobané. C’est un peu tout le monde, il y a l’armée en tant que telle et puis d’autres gens qui les aident. On ne sait pas vraiment qui ils sont », témoigne un habitant de Kobané, sous couvert d’anonymat, auprès d’Oriane Verdier, du service international de RFI. 

À Kobané, ville symbole de résistance pour la population kurde, et où nombre de civils des localités environnantes se sont réfugiés, les premiers convois d’aide sont arrivés par le corridor humanitaire. Mais la peur se mêle toujours à la faim et au froid, poursuit-il : « Il n’y a toujours pas d’électricité, ni d’eau, ni d’internet. Nous n’avons presque plus de médicaments et il n’y a plus de carburant. L’aide humanitaire de l’ONU est entrée dans Kobané dimanche soir. Je ne les ai pas vus distribuer dans la ville mais j’imagine qu’ils vont tenter d’aider avant tout les personnes déplacées. Elles dorment dans les mosquées, les écoles. D’autres dorment la nuit dans leur voiture car nous n’avons plus de place pour recevoir toutes ces personnes qui ont fui la ligne de front. »

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) à majorité kurde ont appelé à la mobilisation générale pour défendre la ville. 

À lire aussi Syrie: après les affrontements, le retour des familles kurdes à Raqqa

Plusieurs attaques rapportées près de Kobané

Car les FDS accusent les soldats affiliés à Damas d’attaquer à l’arme lourde des zones civiles tout près de cette ville. De leur côté, les forces gouvernementales attribuent aux FDS le lancement lundi d’une vingtaine d’attaques de drones kamikazes contre des points militaires près de Kobané et d’avoir aussi ciblé des civils sur l’autoroute M4.

D’autres sources font état d’affrontements, notamment lundi 26 janvier près de Cil Agha (également appelée Jawadiyah, en arabe), ville tout près de la frontière avec la Turquie. L’assaut donné par les forces affiliées au gouvernement syrien aurait été repoussé par les forces kurdes. Si la ville de Cil Agha est prise, l’approvisionnement de Qamishli – principale ville de la zone autonome kurde – deviendra plus difficile.

Près de là, la fameuse cimenterie Lafarge – tenue jusqu’ici par les forces kurdes depuis la reprise des territoires contrôlés par le groupe État islamique – aurait été reprise par l’armée syrienne lundi après des heures de combats.

Le cessez-le-feu du 18 janvier est plus fragile que jamais. Redoutant peut-être l’escalade, des troupes russes stationnées dans la base de Qamishli pliaient bagage depuis deux jours selon des médias régionaux présents sur place.

À lire aussi Syrie: le cessez-le-feu prolongé entre Damas et les forces kurdes est-il déjà caduc?

Publié le : 27/01/2026 – 13:43

More articles

Latest article