France Info Monde, le 30 janvier 2026
Fermement opposée à toute intervention militaire américaine en Iran, avec qui elle partage une frontière de plus de 550 km, la Turquie ne cesse d’insister sur les risques d’une telle initiative et tente à tout prix d’empêcher la déstabilisation de la région.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, est attendu, vendredi 30 janvier, à Ankara. Selon la presse turque, le président Erdogan pousse à l’organisation d’une réunion trilatérale téléphonique entre les États-Unis, l’Iran et la Turquie.
Le président turc a l’avantage d’avoir à la fois l’oreille de Donald Trump et de pouvoir parler directement aux Iraniens. En coulisses, les Turcs s’activent pour éviter à tout prix une escalade militaire entre Téhéran et Washington qui pourrait embraser toute la région. Le scénario catastrophe pour la Turquie serait de voir s’installer à ses portes un chaos en Iran, pays de 90 millions d’habitants.
Une frontière déjà très surveillée
La frontière commune de la Turquie avec l’Iran est longue de plus de 550 kilomètres et traverse des régions montagneuses. C’est un point de passage traditionnel des migrants illégaux venus d’Afghanistan et d’Iran, mais aussi une porte d’entrée du trafic de drogue.
Ainsi, en cas de situation hors de contrôle en Iran après d’éventuels bombardements américains, des centaines de milliers de réfugiés iraniens pourraient chercher à se mettre à l’abri sur le sol turc. La Turquie n’a pas oublié la guerre civile en Syrie, qui avait poussé plus de 3,5 millions de personnes à se réfugier sur son territoire.
C’est pourquoi les autorités turques renforcent le contrôle de la surveillance de la frontière avec l’Iran, sachant que, déjà, un mur de 380 kilomètres a été érigé entre les deux pays et que l’armée d’Ankara patrouille 24 heures sur 24.
La base américaine Incirlik
La Turquie, comme membre de l’Otan, a sur son sol une base militaire américaine. Il s’agit de la base aérienne d’Incirlik, située à côté de la ville d’Adana, dans l’est du pays. Ce site est utilisé par l’armée de l’air américaine depuis des décennies.
Or, il y a quelques jours, la police turque a interpellé six personnes, accusées d’avoir recueilli des informations sensibles pour le compte de l’Iran. Les services de sécurité de la Turquie sont donc sur les dents pour éviter tout risque de déstabilisation, d’où qu’ils viennent.
