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La Grèce signe avec l’Italie, la Turquie boude – France Inter

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« La Grèce et l’Italie signent un accord sur leurs frontières maritimes et c’est un succès de plus pour Athènes » dit Anthony Bellanger sur France Inter.

C’est le genre d’accords auxquels personne ne fait jamais attention mais qui, en fait, sont très importants. Surtout en Méditerranée et surtout en ce moment.

Je m’explique : hier, les ministres grec et italien des Affaires étrangères se sont retrouvés à Rome. 

Écouter

Depuis 45 ans, les frontières maritimes des deux pays étaient disputées

En juin 2020, ils sont parvenus à un accord de délimitation. Cet accord a donc été ratifié par les deux Parlements : hier, on échangeait solennellement les traités.

Ce n’est pas le seul accord maritime négocié par la Grèce récemment : il y a un an, Athènes parvenait au même résultat avec l’Égypte. Quelques semaines plus tard, elle s’entendait avec l’Albanie pour laisser un tribunal à La Haye régler leurs différends maritimes et en accepter les conclusions.

La Grèce bonne fille face à des Turcs retors 

Deux choses : à montrer qu’elle est bonne fille, c’est-à-dire qu’elle est une nation pacifique qui a à cœur la coopération entre nations alliées en Méditerranée. Mais surtout, à bien marquer la différence avec ces « sagouins » de turcs qui, eux, ne respectent rien.

La preuve : la signature, en novembre 2019, d’un autre accord de délimitation de (DES ?) frontières maritimes entre la Turquie et la Libye. Or pour partager des eaux communes avec la Libye, la Turquie a allègrement sauté par-dessus des eaux territoriales grecques.

Cet accord est donc un coup de force et il a surtout été suivi de mois de tensions entre Grèce et Turquie en mer Égée, toujours sur la délimitation des frontières maritimes entre les deux pays et accessoirement sur le partage des ressources gazières offshores.

Un strike pour Athènes !

Aujourd’hui, c’est un « strike » pour la Grèce ! l’agressivité de la Turquie a inquiété tout le monde dans la région, à commencer par la France qui s’est rangée du côté de l’allié grec et envoyant à l’automne dernier des frégates en Méditerranée orientale.

Au même moment, Paris et Athènes signaient un tout nouvel accord de défense mutuelle et ce, en dehors de l’OTAN. Ça n’a pas plu à Washington qui déteste que Paris lui donne des leçons de stratégie en lui rappelant que l’Asie c’est bien, mais que l’Europe compte encore.

Conclusion : à la Maison-Blanche, on s’est mis à bricoler à la va-vite un traité de coopération renforcé entre les États-Unis et la Grèce signé le mois dernier à Washington. Ni plus ni moins qu’un copié-collé du traité franco-grec. Greece 2 points !

La Turquie boude ! 

Elle boude : vendredi se tiendra à Paris une conférence internationale sur la Libye organisée par les Nations Unies, l’Allemagne et l’Italie. Tout le monde y sera : Grèce, Israël, Chypre sauf la Turquie qui, pourtant, est un acteur majeur sur place.

Le contraste est saisissant avec la Grèce qui, l’air de rien, a rallié à elle ses voisins et ses alliés puis à prouver, en multipliant notamment des accords maritimes qui ne coûtent pas bien chers, qu’elle était la « bonne voisine » que tout le monde rêve d’avoir.

France Inter, 9 novembre 2021, Anthony Bellanger

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