Un adolescent armé a ouvert le feu mercredi dans un établissement scolaire du sud de la Turquie. La veille, un autre adolescent avait déjà blessé 16 personnes dans un lycée technique du sud-est du pays
Une attaque armée a été perpétrée, mercredi 15 avril, par un adolescent dans un établissement scolaire du sud de la Turquie. « Nous déplorons 9 morts (…) et 13 blessés. Six d’entre eux sont actuellement en soins intensifs, dont trois dans une situation critique », a annoncé à Kahramanmaras, ville où a eu lieu la tuerie, le ministre de l’intérieur turc, Mustafa Çiftçi, revoyant un précédent bilan de 4 morts et 20 blessés.
« Un élève est arrivé à l’école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard », a détaillé le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, lors d’une déclaration à la presse. Les deux classes visées accueillaient des élèves âgés d’une dizaine d’années, a précisé le gouverneur, qui ajoute que quatre des blessés se trouvent dans un état grave.
L’auteur des faits, âgé de 14 ans, est mort, a dit le gouverneur, sans être en mesure de préciser « s’il s’agit d’un suicide ou si cela s’est produit dans le chaos ». Son père, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention, a fait savoir jeudi la direction générale de la police turque, dans un communiqué.
« Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l’auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d’analyse. (…) D’après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n’a été établi, il s’agit vraisemblablement d’un acte isolé », a-t-elle ajouté.
« Notre cœur saigne »
« Les premiers éléments de l’enquête ont révélé que l’auteur utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014 », a expliqué la police turque. Elliot Rodger est l’auteur de la tuerie d’Isla Vista, en Californie. Cet homme de 22 ans avait fait six morts sur le campus d’une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un « châtiment » pour les femmes qui l’avaient rejeté.
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Des images diffusées par l’agence de presse privée turque IHA montrent une personne, corps et visage couverts, évacuée dans une ambulance ainsi que des parents d’élèves qui accourent, certains en larmes, aux abords de l’établissement. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel turc (RTUK) a, pour sa part, interdit aux chaînes de télévision turques de diffuser des images relatives à l’attaque. « Notre cœur saigne. Nos condoléances à la nation », a déclaré le président du Parlement turc, Numan Kurtulmus.
Mardi, un adolescent armé d’un fusil à pompe avait déjà blessé 16 personnes dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (Sud-Est), parmi lesquels 10 élèves et 4 enseignants. Neuf des victimes sont toujours hospitalisées mercredi, avait précisé plus tôt le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Ce type d’incidents est rare en Turquie, où, selon les estimations d’une fondation locale, citée par l’Agence France-Presse (AFP), des dizaines de millions d’armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.
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Le Monde avec AFP
