Turquie: crise ouverte au sommet du CHP, entre l’ancienne direction et celle révoquée par la justice/Anne Andlauer/RFI

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RFI, le 2 juin 2026

Le principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP), s’enfonce dans la crise interne. Entre l’ancienne direction de Kemal Kiliçdaroglu, réinstituée par la justice le 21 mai, et celle qui a été évincée, la rupture est consommée. Chaque camp multiplie les manœuvres pour tenter de s’imposer. Özgür Özel, le dirigeant révoqué, soutenu par une large majorité des élus et de la base du parti, a une longueur d’avance. Il a présidé, mardi 2 juin, le groupe parlementaire du CHP et réclamé un scrutin interne.

Le principal parti d’opposition turc a désormais deux visages et deux adresses. D’un côté, Kemal Kiliçdaroglu, le dirigeant officiel du CHP, réinstitué par la justice, installé au siège du parti dont il a délogé son rival avec l’aide de la police. De l’autre, au Parlement, Özgür Özel, qui continue de revendiquer la tête du parti et de dénoncer, derrière son éviction, une manœuvre du pouvoir pour affaiblir l’opposition en Turquie.

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Soutenu par la grande majorité des députés du CHP, Özgür Özel est désormais président de son groupe parlementaire. C’est à ce titre qu’il a prononcé son discours hebdomadaire, malgré les tentatives de Kemal Kiliçdaroglu pour l’en empêcher :

« Aujourd’hui, il y a malheureusement deux CHP. D’un côté, ceux qui se sont installés au siège grâce à la police et une décision illégale. De l’autre, ceux qui tentent de défendre leur parti et leur pays. Au lieu de marcher vers le pouvoir avec l’espoir d’une victoire, les premiers ont choisi de marcher aux côtés du pouvoir pour reprendre le CHP. »

Özgür Özel affirme avoir récolté, en à peine deux jours, les signatures de plus de 800 délégués du CHP, soit largement la majorité requise pour réclamer un scrutin interne. Mais rien ne dit qu’il sera entendu par Kemal Kiliçdaroglu, dont la priorité affichée est de « faire le ménage » au sein de la formation.

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