Apoletli Medya, 28 septembre 2026
‘’Dans le système du Gouvernement de la Présidence tout est concentré aux mains du Président. Il n’y a pas de contrôle proprement dit dans ce régime. Ou bien le contrôle est arbitraire.’’
Bourse Istanbul depuis 2013, l’ancienne Bourse des Valeurs Mobilières d’Istanbul (IMKB) est en pleine turbulence depuis une semaine. Les spécialistes parlent ‘’d’une crise de fond de 891 milliards de Livres Turques’’ (Environ 16 milliards Euros) où plus de 450 milles petits investisseurs risquent de perdre le capital investi et intérêts anticipés.
Le Parquet a arrêté et écroué 26 personnes, hauts responsables de ces sociétés de fonds d’investissements, 51 autres dirigeants ont été interdit de quitter le pays.
Des professeurs d’université, des PDG, des anciens hauts bureaucrates, des spécialistes de finance, tous membres des Conseils d’Administration de ces sociétés de fonds d’investissements attendent en prison le jour où ils comparaîtront devant un juge.
Tout a commencé le 16 septembre dernier quand deux sociétés de fonds d’investissements (Pusula et Tera) ont dû annoncer qu’elles ne pouvaient plus payer ses investisseurs. Bourse Istanbul a perdu de 5.4% de sa valeur et le très officiel Conseil des Marchés Capitaux (SPK) a tout de suite intervenu pour calmer la tempête. Elle a décidé la liquidation simple et pure de 7 sociétés qui dirige 131 fonds.
La raison de ces turbulences serait, selon les experts, de gonfler artificiellement les valeurs de certains fonds grâce à des manipulations que seules les tenants et les aboutissants du métier qui connaissent les subtilités. Les achats et les ventes truqués des titres avaient atteint un niveau très haut que les sociétés ont subi l’impasse de carence de liquidité.
‘’Les personnes impliquées dans la fraude aux fonds savent quelles personnalités politiques en sont les instigatrices. Les bureaucrates subissent des pressions et font l’objet de chantage’’ a déclaré M.Deniz Yavuzyilmaz, député de Zonguldak (Mer Noire) du Nouveau Parti, principale formation de l’opposition.
L’état de l’économie et des finances en Turquie vont de mal au pire, comme constate l’ensemble des observateurs en Turquie et à l’étranger.
Le Parquet d’Istanbul, ‘’pour des raisons de la sécurité nationale et la protection de l’ordre public’’ a décidé jeudi soir d’interdire plusieurs articles parus dans les médias turcs sur ‘’la crise des fonds’’.
Mahfi Egilmez, ancien haut responsable du Ministère des Finances et de la Banque Mondiale pose la question suivante dans son article publié sur T24.com.tr, site d’information générale : ‘’Qui va donc rembourser les petits investisseurs ? Ce sont les gens qui ont créés ce système et ceux qui n’ont pas contrôlé le déroulement des opérations’’.
Ali Bilge, spécialiste de l’économie et des finances, rappelle sur Radio Apacik, la seule station de radio coopérative d’Istanbul, que ‘’depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan donc depuis 2002 il y a eu 29 grands scandales financiers surtout dans le secteur bancaire et des finances’’. Il estime que ‘’dans le système du Gouvernement de la Présidence tout est concentré aux mains du Président. Il n’y a pas de contrôle proprement dit dans ce régime. Ou bien le contrôle est arbitraire. On contrôle seulement les institutions qui ne sont pas proche du Palais.’’
