18.3 C
Paris
vendredi, août 19, 2022

A la frontière avec la Turquie, des migrants enrôlés de force par la police grecque pour refouler d’autres migrants – Le Monde

Must read

« At summit, Erdogan, Putin still divided on SyriaRead more ». Al Monitor staff 

Ankara agreed said Al Monitor on the 5th of August 2022 that part of its natural gas payments to Moscow would be switched to...

Au sujet de « La promesse d’Hasan », film turc, sorti en France en plein mois d’août/Nora SENI

Le vent souffle sans répit dans le film de Semih Kaplanoglu, ployant branches, bruissant feuillages, malmenant les clôtures faits d'assemblages irréguliers de bois secs....

Turkey’s Mission Becomes More Difficult If Attacks on Ukrainian Ports Continue- PANORAMA/Selmin Seda Coşkun

Selmin Seda Coskun from the Thomas More Institute in Paris wrote in Panorama, Online of the 4th of August 2022, an indepth article...

L’accord céréalier, un succès diplomatique pour le président Erdogan. LE MONDE/Marie Jégo

Après la sécurisation du passage d’un premier cargo, le président turc rencontre Vladimir Poutine vendredi, à Sotchi, pour parler notamment de l’Ukraine et de...

« Une enquête du « Monde » et de « Lighthouse Reports », « Der Spiegel », « ARD Report München » et « The Guardian » montre que la police grecque utilise des migrants pour renvoyer les nouveaux arrivants en Turquie » rapporte Marina Rafenberg et Tomas Statius dans Le Monde du 28 juin 2022.

Dans le village de Neo Cheimonio, situé à dix minutes de l’Evros, le fleuve qui sépare la Grèce et la Turquie, les refoulements de réfugiés, une pratique contraire au droit international, sont un secret de polichinelle. A l’heure de pointe, au café, les habitants, la cinquantaine bien passée, évoquent la reprise des flux migratoires. « Chaque jour, nous empêchons l’entrée illégale de 900 personnes », a affirmé, le 18 juin, le ministre grec de la protection civile, Takis Theodorikakos, expliquant l’augmentation de la pression migratoire exercée par Ankara.

« Mais nous ne voyons pas les migrants. Ils sont enfermés, sauf ceux qui travaillent pour la police », lance un retraité. Son acolyte ajoute : « Eux vivent dans les conteneurs du commissariat et peuvent aller et venir. Tu les rencontres à la rivière, où ils travaillent, ou à la tombée de la nuit lorsqu’ils vont faire des courses. » Ces nouvelles « recrues » de la police grecque ont remplacé les fermiers et les pêcheurs qui barraient eux-mêmes la route, il y a quelques années, à ceux qu’ils nomment « les clandestins ».

« Esclaves » de la police grecque

D’après les ONG Human Rights Watch ou Josoor, cette tendance revient souvent depuis 2020 dans les témoignages des victimes de pushbacks (les refoulements illégaux de migrants). A la suite des tensions à la frontière en mars 2020, lorsque Ankara avait menacé de laisser passer des milliers de migrants en Europe, les autorités grecques auraient intensifié le recours à cette pratique pour éviter que leurs troupes ne s’approchent trop dangereusement du territoire turc, confirment trois policiers postés à la frontière. Ce travail forcé des migrants « bénéficie d’un soutien politique. Aucun policier n’agirait seul », renchérit un gradé.

Lire aussi l’archive (2020) : Recep Tayyip Erdogan exige la refonte de son accord migratoire avec l’Union européenne

Athènes a toujours démenti avoir recours aux refoulements illégaux de réfugiés. Contacté par Le Monde et ses partenaires, le ministère grec de la protection civile n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Au cours des derniers mois, Le Monde et ses partenaires de Lighthouse Reports – Der Spiegel, ARD Report München et The Guardian, avec l’aide de la page Facebook « Consolidated Rescue Group » – ont pu interviewer six migrants qui ont raconté avoir été les « esclaves » de la police grecque, contraints d’effectuer des opérations de pushback secrètes et violentes. En échange, ces petites mains de la politique migratoire grecque se sont vu promettre un permis de séjour d’un mois leur permettant d’organiser la poursuite de leur voyage vers le nord de l’Europe.

Le Monde, 28 juin 2022, Marina Rafenberg et Tomas Statius

More articles

Latest article

« At summit, Erdogan, Putin still divided on SyriaRead more ». Al Monitor staff 

Ankara agreed said Al Monitor on the 5th of August 2022 that part of its natural gas payments to Moscow would be switched to...

Au sujet de « La promesse d’Hasan », film turc, sorti en France en plein mois d’août/Nora SENI

Le vent souffle sans répit dans le film de Semih Kaplanoglu, ployant branches, bruissant feuillages, malmenant les clôtures faits d'assemblages irréguliers de bois secs....

Turkey’s Mission Becomes More Difficult If Attacks on Ukrainian Ports Continue- PANORAMA/Selmin Seda Coşkun

Selmin Seda Coskun from the Thomas More Institute in Paris wrote in Panorama, Online of the 4th of August 2022, an indepth article...

L’accord céréalier, un succès diplomatique pour le président Erdogan. LE MONDE/Marie Jégo

Après la sécurisation du passage d’un premier cargo, le président turc rencontre Vladimir Poutine vendredi, à Sotchi, pour parler notamment de l’Ukraine et de...

« Turkey’s inflation hits almost 80% as Erdogan insists on low-rate policy ». Mustafa Sönmez/AL MONITOR

"Despite a relative slowdown in July, Turkey’s consumer inflation appears on course to overshoot the central bank’s newly revised year-end forecast of 60.4%" says...