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vendredi, août 19, 2022

Nouveau livre : « YERALTI ISTANBUL » Philippe Dupuich & Timour Muhidine

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Dupuich, P. & Muhidine, T. (2022). Yeraltı Istanbul. Empreinte.

Description

Depuis le milieu des années 1990, il règne dans Beyoğlu – le quartier occidentalisé de la ville d’Istanbul – une profonde nostalgie mêlée à la créativité la plus intense qui n’a jamais cessé de produire une culture alternative que l’on appelle Yeralti (souterrain).

Le courant Yeralti repose sur plusieurs strates de culture populaire : la musique arabesk, le rock, parfois venue de très loin, d’Anatolie, de la culture des derviches… on le trouve dans les films d’horreur turcs comme Sandik (la malle), les films de série B, fantastiques ou sociaux, des années 1970. Il s’incarne aussi dans une forme qui se réinvente en permanence : la caricature et tous les petits magazines satiriques qui servent « d’école » aux auteurs. Et il y a la veine subversive et rebelle de la littérature turque, sa face d’ombre représentée par Ece Ayhan, Tezer Özlü, Mustafa Irgat, Kanat Güner, naufragés de l’existence, poètes maudits et idoles des lecteurs d’aujourd’hui.

Le courant YERALTI produit un mélange “à la turque” – c’est-à-dire un peu bricolé – irrigué par l’Europe et les États-Unis. Il n’est pas une parole purement politique, mais esthétique et très visuelle qui reflète et dénonce la violence de la société turque, ses frustrations aussi. C’est de la résistance permanente contre le mode de vie conformiste de la Turquie. Tout l’inverse de la littérature écrite par la bourgeoisie moyenne éduquée et qui n’a pas grand-chose à revendiquer.

YERALTI ISTANBUL est un projet qui commence en 2013 et regroupe une série de photographies de la ville d’Istanbul ainsi que des portraits d’écrivains qui échappent à la mise au pas et sont la preuve qu’une littérature alternative existe dans la Turquie des années 2000. 

Isolés dans l’anonymat de la mégapole, ces écrivains émergent dans les revues, sur les blogs ou s’illustrent dans des recueils de poésie et des romans a petits tirages. Sans faux semblants, ils s’expriment en toute liberté, comme si le contrôle et la répression n’avaient pas de prise sur eux : Metin Kaçan, le romancier trash suicidé en 2013, Küçük Iskender, prince de la bohème et poète-performeur, Asli Erdogan, figure majeure de la dissidence et beaucoup d’autres… tous ces profils aux imaginaires différents ont un point commun : ils passent l’âme et les névroses turques au scanner.

Joyeux lurons et pessimistes radicaux, antinomiques comme chien et chat, jeunes ou moins jeunes, ils s’érigent en une confrérie occasionnelle qui clame sa différence et sa résistance aux clichés de la vie littéraire : à l’instar des beats aux États-Unis, des auteurs punks en Angleterre et en France dans le courant des années 80, ces rebelles inclassables apparaissent aujourd’hui comme les acteurs d’un renouveau culturel.

Accueillis avec suspicion et parfois mépris, leurs écrits font toutefois partie des repères de la littérature contemporaine. Ils ravivent et poursuivent le mythe romantique et bohème des modernistes turcs des années 60 avec, en arrière-plan, le cadre somptueux d’un Istanbul sordide et impérial. Dans cette ville-monde qui s’illustre par ses recoins d’ombre, sa brutalité et sa poésie, l’on découvre alors, dans toute sa crudité, les traces d’un désespoir flamboyant qui autorise les rencontres improbables.

Chacun y est son ombre et sa légende

  • Philippe Dupuich est un photographe qui évolue dans ce « no man’s land » existant entre la photographie documentaire et artistique. Il aspire toujours dans ses reportages à interpréter le réel et non qu’uniquement le reproduire. . yeraltı Istanbul est son dixième livre.
  • Timour Muhidine est écrivain et traducteur, auteur de plusieurs romans et essais – il enseigne la littérature turque contemporaine à l’Inalco (Paris) et dirige la collection Lettres turques aux éditions Actes Sud. Son dernier roman La Fille de l’ethnographe est paru aux éditions Emmanuelle Colas.

Pour plus d’information, CLIQUEZ ICI

A LIRE AUSSI YERALTI ISTANBUL ou les « sales gosses » de la culture contemporaine – Le Petit Journal/Audray Cremer

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