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samedi, décembre 3, 2022

Shahmeran et autres « femmes serpent », héroïnes de traditions variées – Le Petit Journal

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« Depuis des temps immémoriaux, et sous toutes les latitudes, on trouve dans tous les rites et dans de nombreuses religions la représentation de personnages mi humain-mi animal » dit Marion Lagardère dans Le Petit Journal du 29 septembre 2022.

Les plus connus sont les dieux égyptiens à tête animale : Horus (homme et faucon), Anubis (homme et chacal), Aheqet (femme et grenouille), Bastet (femme et chatte), Sobek (homme et crocodile), Hathor (femme et vache)…

Les sujets sont nombreux et cet étrange humano-bestiaire offre une large palette d’exemples de sirène, centaure, furie, faune, sphinx, sphinge, satyre et autre minotaure.

Devant une telle profusion de possibilités, nous avons choisi de mettre aujourd’hui à l’honneur cinq femmes-serpent héroïnes de traditions et de pays bien différents.

Shahmeran

Shahmeran ou Şahmeran est une créature du panthéon mythologique de l’Anatolie, d’Iran et d’Irak.

Composée d’un buste de femme et d’un corps de serpent, sa queue se termine, en général, par une tête de serpent couronnée.

Son nom originaire de Perse est composé des mots Şah-ı Meran, qu’on peut traduire par « Shah des serpents ».

Dans un très intéressant article de l’édition du 2 juin 2022 du ’’Petit Journal d’Istanbul’’, Gisèle Durero-Köseoglu nous présente une des nombreuses versions de la légende de Şahmeran, femme-serpent légendaire mise à l’honneur dans l’exposition de rue « Şahmeran 34 » à Istanbul.

Pour approfondir notre connaissance de cet étrange personnage, nous vous proposons une autre variante de la légende qui ne trahit pas le fond, même si la forme est un peu différente…

Son histoire commence il y a fort longtemps, dans des temps si éloignés que la mémoire en a oublié la date. Un homme nommé Cansab (ou Cemşab) avait l’habitude de venir chercher du miel dans une ruche naturelle au creux d’un arbre. À force de chercher de plus en plus profondément, il finit par tomber au plus profond du tronc, et atterrit dans une caverne où habitait Shahmeran. Courroucée d’être ainsi importunée, elle accepte cependant de laisser repartir Cansab à la condition qu’il s’engage solennellement à ne jamais révéler ce qu’il vient de vivre, et surtout, à ne jamais dévoiler le lieu où elle demeure.

Revenu à la surface, Cansab tient parole et garde le silence sur son aventure jusqu’au jour où le Sultan tombe malade et que les médecins assurent que le seul remède pour guérir la maladie est la chair de Shahmeran. Les médecins savent que celui ou celle qui a rencontré Shahmeran porte de fines écailles sur le dos, alors, ils font venir tous les hommes du pays, les font passer au hammam pour découvrir celui qui porte les fameuses écailles. Cansab est démasqué mais refuse de dire où se trouve l’antre de Shahmeran. Hélas, torturé pendant plusieurs jours jusqu’à épuisement il se résout malheureusement à avouer.

Les soldats trouvent et emmènent Shahmeran au palais où elle est tuée, découpée en morceaux et donnée à manger au Sultan qui guérit.

Cansab est chassé du palais avec les restes de Shahmeran dont le Sultan n’a plus besoin. Épuisé, affamé, le corps déchiré par la torture, Cansab mange un morceau de la chair de la femme-serpent et il voit ses plaies disparaitre instantanément. De nouveau sur pieds, il peut rejoindre sa famille mais il n’est plus comme avant. Il est inconsolable, prend le deuil et décide de se rendre de nouveau à la grotte pour se dénoncer au peuple des serpents.

Arrivé sur place, Camsab rencontre un sage et vieux serpent et lui explique le motif de sa visite, mais le vieux serpent lui intime de renoncer car, dit-il, : « Si le peuple des serpents apprend la mort de Şahmeran, ce sera la fin de l’humanité. Ni moi, ni toi ne pourrons les arrêter et ils n’auront qu’un seul but, détruire toute forme de vie humaine. »

Convaincu par le vieux sage, Camsab accepte de garder le silence mais avant qu’il rentre chez lui, le serpent lui dit : « Sans que tu en aies conscience, Şahmeran s’est sacrifiée pour toi, son âme, son pouvoir de guérison et ses connaissances ont été diffusés en toi. Tu es désormais investi de pouvoirs que toute la nature, de l’arbre le plus grand à la plus modeste petite herbe, t’aideront à découvrir au fil de ta vie. » Camsab demande à deux serpents de bien vouloir l’accompagner dans sa quête de découvrir les secrets des plantes médicinales. Devenu Lokman Hekim (sage-médecin), Camsab part sur les routes pour apporter soutien et guérison. C’est depuis ce jour que les deux serpents deviennent le symbole de la pharmacie et de la médecine.

Mélusine

Mélusine est un personnage féminin légendaire issu des contes populaires et chevaleresques du Moyen-Âge. Son origine très ancienne est partagée entre les cultures grecque, romaine et gauloise. Cependant, les Scythes, suivant l’armée romaine en Gaule, auraient installé une colonie dans la région du Poitou (France), créé la ville de Tiffauges et implanté le mythe de Milouziena, nommée par la suite, Mélusine.

L’histoire de Mélusine a été immortalisée par le roman de Jean d’Arras, écrivain français de XIVème siècle intitulé, Mélusine ou la noble histoire des Lusignan.

Tout commence en Écosse, dans le royaume d’Albany, un jour où le roi Elinas chasse dans la forêt. Assoiffé, il fait halte près d’une fontaine où se tient une très jolie femme dont il tombe immédiatement amoureux. Totalement séduit, il la demande en mariage, ce que Persine (nom de la jeune femme), accepte à la condition qu’il ne s’approche pas d’elle durant ses grossesses.

Persine n’est pas une femme ordinaire, c’est une fée qui met au monde trois filles magnifiques aussi belles que leur mère. Les parents baptisent l’aînée Mélusine, la deuxième Mélior et la dernière Palestine.

Tout aurait pu se passer dans le meilleur des mondes si Mataquas, fils du premier lit d’Elinas, jaloux du bonheur de sa belle-mère, n’avait poussé son père à venir espionner ses filles pendant leur bain, ce qui ne manqua pas d’offenser leur pudeur.

Persine décide alors de s’exiler avec ses trois filles sur l’île d’Avalon, lieu mythique où aurait été forgée l’épée du roi Arthur, la célèbre Excalibur. Cependant, la Mère ne se résout pas à accepter cette vie de misère loin de son royaume et ses lamentations finissent par convaincre Mélusine d’agir pour résoudre ce problème. À grand renfort d’arguments, elle pousse ses sœurs à enfermer leur père dans une grotte de la montagne de Northumbrie à la limite de l’Angleterre et de l’Écosse, afin qu’il n’en sorte jamais et que la mère et ses filles puissent revenir en toute sérénité.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Persine se montre très courroucée de l’initiative de ses filles et condamne Mélusine à devenir, chaque samedi, serpent au-dessous du nombril, Mélior à garder un épervier dans un château en Arménie et la jeune Palestine à être enfermée, avec un lutin, au mont Canigou dans les Pyrénées (France) pour y garder le trésor de son père jusqu’à ce qu’un chevalier vienne la délivrer. Bien étrange remerciement…

Profondément déçue par l’attitude de sa mère, Mélusine erre quelques jours dans les forêts alentour, puis traverse la Manche et arrive en Poitou, ancienne province de l’Ouest de la France.

C’est alors que sa vie bascule. Accompagnée de deux jeunes filles devenues ses amies, elle rencontre par hasard Raymondin de Lusignan qui vient de tuer accidentellement son oncle lors d’une partie de chasse au sanglier. Pourchassé pour meurtre, il chevauche dans la forêt et rencontre à la fontaine de Soif-Jolie, les trois femmes dont Mélusine.

Elle le réconforte, lui propose de l’aider, de le faire innocenter, et de faire de lui un très puissant seigneur, à condition de l’épouser et de jurer qu’il ne cherchera jamais à la voir le soir du samedi. Raymondin fou d’amour et de reconnaissance en fait la promesse et organise de somptueuses noces. L’union est radieuse et dix fils naissent de cet amour.

Le couple est heureux, Raymondin tient parole et ne vient jamais voir Mélusine le samedi mais son frère, le comte de Forez, jaloux de la puissance de son cadet, invente de toutes pièces une histoire d’adultère dans laquelle Mélusine rencontrerait un amant tous les samedis. Raymondin furieux se précipite à la porte de la chambre de son épouse, perce un petit trou dans le bois de la porte à l’aide de sa dague et voit sa femme nue dans un baquet se peignant les cheveux, femme de la tête au nombril, serpent pour le reste du corps.

Prenant conscience de son acte, il s’écrit au travers de la porte « Mon amour, je viens de vous trahir à cause de la vilénie et de la fourberie de mon frère ! ». À ces mots, Mélusine se jette alors par une fenêtre et disparaît dans les douves du château. Raymondin ne la reverra jamais.

La légende assure que la fée-serpent se montre et se lamente chaque fois que les biens de sa famille changent de propriétaires, ou qu’un membre de sa lignée va mourir.

Nuwa

Nuwa, Nu Kua, Nu Kwa ou encore Nugua, est la très puissante déesse créatrice chinoise.

Que nous dit la légende ?

En ces temps éloignés, les dieux Gonggong et Zhurong se livraient bataille. Hélas, durant cet affrontement, ils détruisirent un des piliers qui soutenaient le ciel où coulait la rivière céleste. Celle-ci se déversant sur la terre entraîna le déluge.

Nuwa colmata la brèche en faisant fondre une pierre de cinq couleurs et replaça le ciel sur les pattes d’une tortue, afin qu’il reste définitivement en place.

Après la réparation du ciel, la création des montagnes, des fleuves, des animaux et des plantes, la déesse Nuwa descendit sur terre.

Alors qu’elle parcourait le monde, elle ressentit une profonde solitude. Elle s’assit sur la rive d’un cours d’eau et, regardant son reflet dans l’eau, commença à jouer avec la boue du fleuve. Inconsciemment, elle modela l’argile jaune pour en faire un personnage. Cependant, plutôt que de lui donner une queue de serpent (comme la sienne), elle lui façonna des jambes et des pieds. Lorsque Nuwa eut terminé, elle déposa sa figurine qui s’anima, dansant et riant de joie.
Nuwa était si fière de sa création qu’elle décida de remplir le monde de ces personnages. Elle y travailla jusqu’à la tombée de la nuit, et se remit à l’ouvrage le lendemain matin, dès le lever du soleil. Après avoir fabriqué la première centaine d’humains, Nuwa, se sentit fatiguée et réfléchit à une solution plus efficace. Elle fabriqua une corde, la trempa dans la boue jaune et fouetta l’air ; les gouttes de boue se transformèrent en autant de personnes. Les premières, façonnées de sa main, constituèrent la noblesse, et les autres le peuple. Désormais elle ne se sentirait plus jamais seule.

Nuwa avait un frère ainé, Fuxy, grand personnage de la mythologie chinoise. Parmi ses contributions à la civilisation chinoise, la plus remarquable est l’invention des huit trigrammes du Yì Jīng, à l’origine de la calligraphie.

Fuxy et Nuwa s’aimaient d’un amour bien autre que fraternel. Ils désiraient devenir mari et femme, mais ils avaient honte. Alors, le frère se rendit avec sa sœur sur le mont K’un-lun couvert d’une brume épaisse. S’adressant aux dieux, il demanda que la brume se dissipe si les divinités n’étaient pas hostiles à cette union. C’est alors que les vapeurs brumeuses se dispersèrent.

Quand la sœur s’unit à son frère, ils tressèrent un éventail avec des plantes pour cacher leur visage. Dès lors, quand un homme s’unit à une femme pour la première fois, la tradition veut que les amants tiennent un éventail, symbole de cette histoire ancestrale.

Image de cette union, ils sont souvent représentés enlacés l’un à l’autre, Elle tenant un compas et Lui, une équerre symbolisant leur rôle dans la création.

 À partir de la dynastie des Tang (618-907), ils sont présentés comme les inventeurs des rites du mariage dont Nuwa est la figure dominante ayant le pouvoir de donner aux humains la possibilité de procréer.

Lamia

Comme dans toutes les légendes, plusieurs versions sont proposées, et celle de la belle Lamia ne fait pas exception.

Première version :

Fille de Bélos, roi de Lybie, et de la naïade Anchinoé, Lamia était la très belle reine de Phrygie et fut aimée de Zeus, dieu des dieux infidèle et grand séducteur. Ce dernier, pour preuve d’amour, lui avait offert la possibilité d’ôter ses yeux à volonté…. Bien étrange cadeau !

Mais Héra, reine des dieux, jalouse et lassée des infidélités de son époux, s’en prit à Lamia et, en représailles, fit enlever et tuer ses enfants. Désespérée, Lamia devint folle et, sa folie empirant, elle finit par se transformer en monstre.
Elle se terra dans une caverne pour n’en sortir qu’à la nuit, afin d’enlever les enfants à leur mère dont elle jalousait le bonheur. Une fois dans son repère, elle les dévorait.

Lamia qui terrorisait la région de Delphes exigea qu’on lui sacrifie régulièrement un enfant contre l’arrêt des enlèvements. Alcyonée, enfant qui devint plus tard un géant, avait été choisi pour être livré en pâture au monstre, mais Eurybatos, athlète olympique spartiate proposa de se substituer à lui. Arrivé dans la grotte, il parvint à se saisir de Lamia et à lui fracasser la tête. On raconte que son sang répandu sur le sol donna naissance à la source Sybaris.

Deuxième version :

Zeus ayant donné à Lamia la possibilité d’ôter ses yeux à volonté, Héra condamne la jolie Lamia à garder les yeux ouverts en permanence, sans possibilité de les enlever. Ne pouvant plus abaisser les paupières, la jeune femme devient incapable de trouver le sommeil. Contrainte à une veille forcée, elle sombre dans la folie, perd l’enfant qu’elle portait, est rejetée par les siens et finit par trouver refuge dans une caverne d’où elle ne sort que pour attraper de jeunes enfants, qu’elle dévore.

Lentement son apparence devient monstrueuse et des écailles apparaissent sur sa peau. Zeus, pris de pitié, lève la malédiction d’Héra et redonne à Lamia la faculté d’ôter ses yeux pour pouvoir dormir. Hélas, trop de temps s’est écoulé et Lamia reste folle, inguérissable, et continue de dévorer tous les enfants qu’elle peut enlever.

Troisième version :

Une autre version plus sensuelle mais non moins redoutable la présente comme une femme de grande beauté à laquelle aucun homme ne peut résister.

Voluptueuse, elle attire les hommes dans une étreinte charnelle après quoi… elle se transforme en femme-serpent et les dévore.

Dès l’Antiquité grecque, le nom de Lamia est utilisé comme nom commun et parfois au pluriel pour nommer des créatures féminines aux actions néfastes, et plus particulièrement pour désigner les femmes séductrices briseuses de ménages.

Échidna

Dans la mythologie grecque, Échidna est une créature moitié femme et moitié serpent ayant donné naissance à de nombreux monstres.

Sa tête, son torse, ses bras sont ceux d’une belle femme mais la partie inférieure de son corps présente l’aspect d’un serpent à double queue recouvert d’écailles aux couleurs changeantes.

Gratifiée du titre de nymphe immortelle, elle reçut à la naissance le mystérieux souterrain du pays des Arimes en Cilicie (sud-est de la Turquie) et c’est là qu’elle s’unit à Typhon pour engendrer sa monstrueuse progéniture.

En effet, Échidna est la mère de nombreux monstres de la mythologie grecque, le plus souvent engendrés avec Typhon, divinité primitive malfaisante, fils de Gaïa (la Terre) et de Tartare.

  • Cerbère : chien à trois têtes,
  • L’Hydre de Lerne : monstre à corps de serpent et entre cinq et neuf têtes,
  • La Chimère : créature hybride à corps de lion, tête de chèvre, queue de dragon se terminant par une tête de serpent,
  • L’Aigle du Caucase : appelé aussi « chien ailé de Zeus », rapace qui, sur l’ordre de Zeus rongeait chaque jour le foie de Prométhée, celui-ci étant enchaîné,
  • Le Lion de Némée : fauve à la réputation d’invincibilité,
  • Le Dragon de Colchide : énorme serpent ne dormant jamais, gardien de la Toison d’Or,

…et la liste est très loin d’être exhaustive !

Une autre légende rapportée par l’historien et géographe Hérodote né en 480 av. J.-C. à Halicarnasse (actuel Bodrum) nous raconte une étrange rencontre entre Héraclès (Hercule) et Echidna.

Héraclès, de retour de l’un de ses douze travaux, s’endort non loin de l’antre d’Echidna, et celle-ci en profite pour lui voler ses chevaux. À son réveil, Héraclès part à la recherche de son attelage et rencontre Echidna qui accepte de lui rendre son bien à condition qu’il s’offre charnellement à elle.

Tenant particulièrement à ses chevaux, Héraclès accepte le marché et passe suffisamment de temps avec la femme-serpent pour que cette union se conclue par la naissance de trois fils.

  • Agathyrsos, l’aîné, donna son nom aux Agathyrses, peuple des Carpates,
  • Gélonos créa la ville de Gélonos terre du peuple des Gélons,
  • Scythès, le benjamin, devint roi des Scythes.

Très prolifique et très malfaisante génitrice d’une dangereuse progéniture, et parfois dévoreuse de malheureux passants, Achidna fut tuée pendant son sommeil par Argos Panoptès, doté d’une force exceptionnelle et dont la particularité physique était de posséder cent yeux. Ainsi pouvait-il toujours voir ce qui se passait autour de lui, ne fermant que cinquante de ses yeux quand il dormait.

Bien que disparue, la monstrueuse Echidna et son terrible souvenir restèrent longtemps dans les mémoires et, bien plus tard, le poète latin Ovide (43-17 av J.-C) décrivit l’aconit, plante vénéneuse, comme étant issue de la bave d’Échidna.

Succubes, sorcières, sirènes, fées maléfiques, adoratrices de Satan ou possédées par Belzébuth, guérisseuses et parfois même accoucheuses, les femmes ont souvent été des victimes expiatoires tenues injustement pour responsables des phénomènes que les hommes ne pouvaient expliquer.

Aussi, gardons-nous de trop faire crédit à ceux qui affirment : « Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie* »

______________

(*) Ces vers gravés sur une des fenêtres de la chambre royale du château de Chambord seraient attribués par Brantôme au Roi François 1er. Une autre version donne la paternité de ce texte à Victor Hugo dans la pièce de théâtre « Le roi s’amuse ».

Le Petit Journal, 29 septembre 2022, Chantal & Jacques Périn 

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