Inauguration, à Istanbul, du centre chargé des exportations de blé ukrainien. LE MONDE/Marie Jégo

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Marie Jégo (Istanbul, correspondante) annonce dans le Monde du 29 juillet 2022 qu' »Une vingtaine de représentants civils et militaires de la Russie, de l’Ukraine, de la Turquie et de l’ONU géreront le suivi du trajet des cargaisons.« 

Comme prévu par l’accord sur les céréales, le centre de coordination conjointe (CCC) chargé du contrôle des exportations de blé ukrainien via la mer Noire a été inauguré mercredi 27 juillet, à Istanbul. Installé au cœur d’une académie militaire, dans le quartier de Maslak, sur la rive européenne de la métropole turque, le centre sera chargé d’inspecter les navires qui assureront la sortie des céréales, de l’huile de tournesol et des engrais ukrainiens vers les marchés mondiaux.

Grâce à la médiation de la Turquie et de l’ONU, Kiev et Moscou se sont mis d’accord, le 22 juillet, à Istanbul, pour faciliter l’exportation d’environ 25 millions de tonnes de céréales bloquées dans les ports ukrainiens de la mer Noire depuis le début de l’invasion russe, le 24 février. Une vingtaine de représentants civils et militaires de la Russie, de l’Ukraine, de la Turquie et de l’ONU – cinq chacun – géreront l’immatriculation des navires, assureront le suivi des trajets et inspecteront les cargaisons au moment du chargement dans les ports ukrainiens et du déchargement dans les ports turcs.Lire aussi : Article réservé à nos abonnésA Istanbul, un accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes et russes soumis à la bonne foi de Vladimir Poutine

Précisant qu’« aucune présence militaire » n’était prévue pour escorter les convois, Hulusi Akar, le ministre turc de la défense, a fait savoir que le déminage était à la charge du centre, mais qu’il n’était pas « nécessaire à ce stade ». Selon le gouvernement de Kiev, il aura lieu uniquement dans d’étroits couloirs maritimes sécurisés.

Des centaines de navires bloqués

La Turquie, qui dispose de nombreux dragueurs de mines, s’est dite prête à mettre son savoir-faire au service de Kiev. Une aide sera apportée s’il faut déminer les ports ukrainiens, a fait savoir M. Akar. Un scénario que le gouvernement de Kiev veut éviter dans la crainte d’un débarquement russe. Selon la marine ukrainienne, les trois ports de chargement – Odessa, Tchornomorsk, Ioujne – ont recommencé à fonctionner. « La préparation et la planification des premiers départs se poursuivent », a confirmé le ministre turc de la défense. Toutefois le premier convoi, qui était censé sortir mercredi du port de Tchornomorsk, au sud d’Odessa, faisant office de test, n’a pas encore pris la mer.Lire aussi : Article réservé à nos abonnésEn Ukraine, le blé se trace de nouvelles routes

La guerre a fait des ravages sur le commerce en mer Noire, près d’une centaine de navires marchands et leurs équipages étant bloqués dans les ports ukrainiens depuis le début de l’offensive russe. L’accord prévoit qu’ils puissent emprunter au plus vite les couloirs maritimes « sécurisés » mis en place par le centre de contrôle à Istanbul. Mais, visiblement, la préparation, notamment la remise en état des bateaux, la mobilisation des équipages, les formalités d’assurances prennent plus de temps que prévu. Les compagnies maritimes tardent à faire sortir le blé tandis que les assureurs tentent d’évaluer les risques, entre autres celui posé par les mines.

Vu la complexité de l’accord et son aspect flou – aucune véritable garantie n’a été donnée aux transporteurs de cargos en cas d’attaque russe –, le démarrage est prudent. Le fait que Moscou ait attaqué le port d’Odessa avec des missiles de croisière quelques heures après la signature du texte a renforcé l’inquiétude.

Sortie d’environ 20 millions de tonnes

Le défi est immense. L’accord, valable pour quatre mois (reconductibles), prévoit la sortie d’environ 20 millions de tonnes de céréales. A eux seuls, les ports d’Odessa, de Tchornomorsk et de Ioujne ont une capacité maximale de 3,5 millions de tonnes par mois. Jusqu’ici, les négociants ukrainiens ont pu acheminer, par le Danube, environ 1,5 million de tonnes, en mai, et jusqu’à 2 millions de tonnes, en juin, contre 4 à 5 millions de tonnes par mois avant la guerre, qui a débuté le 24 février.Lire aussi : Article réservé à nos abonnésGuerre en Ukraine : avis de tempête sur le grenier à blé du monde

La Russie, qui a réussi à obtenir un assouplissement des sanctions occidentales pour pouvoir exporter son blé et ses engrais, continue de souffler le chaud et le froid. Ainsi le vice-ministre russe des affaires étrangères, Andreï Roudenko, a lié la sortie du blé ukrainien à celle du blé russe. « Nous attendons (…) de nos partenaires qu’ils appliquent les deux volets de l’accord sur les céréales, soit l’exportation des céréales d’Ukraine ainsi que la suppression des restrictions à l’exportation de céréales russes en général », a-t-il expliqué mercredi.

Marie Jégo(Istanbul, correspondante)

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