En Turquie, plus de 250 écrivains dénoncent un système judiciaire aux ordres du pouvoir

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Le Monde, le 3 juin 2026

Dans une déclaration commune, 262 auteurs, dont Asli Erdogan ou encore Buket Uzuner, réagissent à la destitution par la justice d’Özgür Özel, dirigeant élu du principal parti d’opposition, Le Parti républicain du peuple.

Plus de 250 écrivains turcs condamnent, dans une déclaration commune, les « pratiques antidémocratiques » de la justice de leur pays, qui a destitué le dirigeant élu du principal parti d’opposition, ont rapporté, dimanche 31 mai, les médias locaux.

« Le parti au pouvoir a une nouvelle fois porté un coup à nos droits constitutionnels fondamentaux par le biais d’un système judiciaire qu’il contrôle », ont accusé dans une déclaration commune 262 écrivains, dont des auteurs de renom comme Asli Erdogan ou Buket Uzuner.

Le Parti républicain du peuple (CHP), plus ancien parti politique de Turquie, a été ébranlé par une décision de justice, rendue le 21 mai, qui a annulé la primaire interne de 2023 ayant porté Özgür Özel à sa tête et a rétabli son rival vaincu, Kemal Kiliçdaroglu.

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La police antiémeute a depuis lors fait irruption de force au siège du CHP à Ankara, et en a expulsé les partisans de M. Özel. Samedi, Kemal Kiliçdaroglu s’est rendu sur place pour poser devant les photographes, assis à son bureau, avec un exemplaire des statuts du parti placé bien en évidence devant lui.

Selon les partisans de Özgür Özel, la décision de la justice turque est motivée par des considérations politiques et vise à affaiblir l’opposition en prévision des prochaines élections prévues en 2028, ceci au profit du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président, Recep Tayyip Erdogan.

La « volonté du peuple » bafouée

« En tant qu’écrivains en Turquie, nous nous opposons à ces violations systématiques de la loi qui bafouent la volonté du peuple et le droit de voter et d’être élu », accuse la déclaration relayée ce dimanche.

« Nous disons non aux pratiques antidémocratiques qui visent notre libre arbitre, notre espoir et notre sens de la justice, et qui ont pour but de créer une Turquie sans élections », ajoutent les écrivains.

Samedi, alors que M. Kilicdaroglu se rendait au siège du CHP à Ankara, le chef destitué du parti s’est adressé à des milliers de personnes lors d’un rassemblement, appelant à la tenue immédiate d’un congrès du parti.

Özgür Özel a ensuite mené ses partisans à la tête d’une marche vers le mausolée de Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne.

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Le Monde avec AFP

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